/fr/2017/5/30

Nouvelle séance UVDE avec Fanny Georges

Éditer l'article

Jeudi 8 juin 2017 – 19h19 dans les locaux du 71 à Montreuil

Identité numérique post-mortem : les formes de présence du défunt par l’engagement des vivants


 
Fanny Georges est maître de conférences en Sciences de la communication. Elle est spécialisée en sémiotique des interfaces numériques. Elle abordera les notions d’identité numérique post-mortem en nous présentant différentes formes de présence du défunt par l’engagement des vivants. 

« Cette communication étudie la transformation des profils de vivants en profil de défunts. Pour ce faire, nous nous sommes d’abord penchées sur les possibilités qui s’offrent aux endeuillés de pérenniser les profils des défunts et la manière dont ils les investissent. Lorsque les profils pérennisés sont investis, ils s’en voient transformés (sauf dans le cas des pages laissées en l’état et sur lesquelles les endeuillés peuvent se recueillir sans produire, modifier ou supprimer de signes). Cette transformation s’apparente à une profilopraxie, le profil du défunt étant modifié pour rentrer en conformité avec l’idée que s’en font les endeuillés et/ou à l’apposition de stigmates de la mort, le profil devant être reconnu comme celui d’un défunt. La manière la plus évidente d’apposer ces stigmates consistant à annoncer la mort du défunt, nous nous sommes ensuite intéressées à cette annonce. Nous avons identifié les énonciateurs qui la prennent en charge, les lieux où elle se manifeste et la façon dont cette annonce se formule. Ce faisant, nous avons révélé que les caractéristiques des réseaux sociaux numériques bouleversent les hiérarchies traditionnelles, les amis autant que la famille étant amenés à intervenir sur les pages profil, et donc à y apposer les stigmates de la mort et à les façonner pour la postérité. Il en résulte que la transformation du profil d’un vivant en profil de mort procède d’une co-énonciation entre des points de vue qui ne sont pas toujours semblables. Des tensions peuvent même s’exprimer entre les co-énonciateurs qui se manifestent sur un profil. D’ailleurs, certains choisissent d’investir d’autres espaces pour y produire une représentation du défunt qui leur paraît plus conforme à l’image qu’ils souhaitent voir passer à la postérité. »

Connexion